mardi 27 novembre 2007
chambre 2023
J'étais Caïn junior, le fils de Belzébuth,
Chevauchant dans la nuit mes dragons écarlates
Et m'arrêtant souvent chez les succubes en rut.
J'y buvais le venin dans le creux de leur chatte
Et les ptérodactyles me jouaient du trombone
Au 14e sous-sol, 42e couloir,
Où les anges déchus, sous un ciel de carbone,
Aux heures crépusculaires, sodomisent les miroirs.
Allez roule, roule, lady,
Roule en moi.
Et les filles des banshees m'entraînaient dans la brume
Et me faisaient ramper devant la lune noire.
Enivré de pollen et de parfum-bitume,
J'ai vu ta dépanneuse garée sur mon trottoir.
Et depuis je suis là, moi le cradingue amant,
Soufflant dans mon pipeau la chanson d'Eurydice,
Mais méfie-toi miquette je joue contre le vent
Pour mieux te polluer avec mes immondices.
Allez roule, roule, lady, dévaste-moi.
Allez roule, roule, lady, nullifie-moi.
Roule, roule, lady, engloutis-moi.
Les néons du drugstore flirtent avec les abîmes
De cette chambre enfumée où brûle Norma Jean
Cholest'n'rock'n'roll pour deux cinglés sublimes
Dans le chaud maelström de l'érotico-stream.
lundi 26 novembre 2007
wiskeuse image again
Vieille copie du terrin-terreur
Tirée au ronéochibreur,
Souvent j'aim'rais faire fonctionner
La génération spontanée.
Comme un pou dans une cage en feu
J'télégraphie mon code foireux.
Attention traversée d'engins
Sur Livre des morts européens.
Bloody man ah ah...
Fatigué des drapeaux en berne
J'm'amuse à quitter la caverne,
À voir si l'on danse en éveil
Dans les particules du soleil
Mais j'atterris sur des cols durs
Au pied de la Mangeuse d'ordures,
Le cul poisseux dans l'caniveau
À baiser mon portemanteau.
Bloody man ah ah...
Hé toi l'animal futurien,
Toi qu'as bien connu les Martiens,
T'as p'têt' l'horaire des boute-en-train.
À quelle heure passe le prochain bar,
Que j' paie une bière à mon clébard ?
Certaines nuits, j'imagine l'exit
Du labyrinthe dans le transit
De 40 milliards de couleurs
Se r'niflant avec l'œil du cœur,
Mais j' me réveille déglingué
Avec un casque sur le nez
Et j'ai beau raccorder les fils,
J'traîne une vieille caisse marquée fragile.
Bloody man ah ah... fragile.
Bloody man.
dimanche 25 novembre 2007
affaire rimbaud
La jambe de Rimbaud,
De retour à Marseille
Comme un affreux cargo
Chargé d'étrons vermeils,
Dérive en immondices
À travers les égouts.
La beauté fut assise
Un soir sur ce genou.
Horreur Harar Arthur,
Et tu l'as injuriée.
Horreur Harar Arthur
Tu l'as trouvée amère... la beauté ?
Une saison en enfer
Foudroie l'Abyssinie.
Ô sorcière, ô misère,
Ô haine, ô guerre, voici
Le temps des assassins
Que tu sponsorisas
En livrant tous ces flingues
Au royaume de Choa.
Horreur Harar Arthur,
Ô Bentley, ô châteaux,
Horreur Harar Arthur,
Quelle âme, Arthur est... sans défaut ?
Les poètes aujourd'hui
Ont la farce plus tranquille
Quand ils chantent au profit
Des derniers Danâkil.
Juste une affaire d'honneur
Mouillée de quelques larmes
C'est quand même un des leurs
Qui fournissait les armes.
Horreur Harar Arthur,
T'es vraiment d'outre-tombe.
Horreur Harar Arthur
Et pas de commission.
Horreur Harar Arthur
Et pas de cresson bleu
Horreur Harar Arthur
Où la lumière pleut.
samedi 24 novembre 2007
precox ejaculator
Ne cherche pas d'où vient le vent.
Ce soir, tu t'es trompée d'amant
Et l'attaque du fourgon postal
Se termine en bataille navale
Devant une camomille-tilleul...
Je te laisse te finir toute seule.
Le garçon-vipère-vidéo
Qui contrôlait tout mon réseau
A sauté sur la minut'rie
En câblant la copie-sosie
Mais c'que j'en dis, tu t'en bats l'œil.
Je te laisse te finir toute seule.
J'voulais t'offrir une nuit d'enfer,
7,5 sur l'échelle de Richter
Mais j'ai tout donné en backchich
Et je m'en retourne à la niche,
La queue basse comme un épagneul.
Je te laisse te finir toute seule.
Précox éjaculator,
Scusi scusi mi amor.
Précox éjaculator,
I am very confiteor.
Tu m'enverras tes Pinkerton
Pour m'éplucher tous les neurones
Et m'enduire de plumes et de poix
Direct au pressing du Chinois.
Un ange passe équipé d'un treuil.
Je te laisse te finir toute seule.
D'jà ton syndicat des langues mortes
A cloué une chouette sur ma porte
En m'interdisant désormais
D'chanter mes conn'ries en français,
Intérêt à boucler ma gueule.
Je te laisse te finir toute seule.
Précox éjaculator,
Scusi scusi mi amor.
Précox éjaculator,
I am very confiteor...
vendredi 23 novembre 2007
septembre rose
Naufrage virtuose
D'un amour clandestin
Dans la métamorphose
Des embruns souterrains,
Tu jaillis ruisselant
D'une vague utérine
Sur ce ventre brûlant
De tendresse féminine,
Baby boy,
Sweet baby boy.
Ton premier cri réveille,
De son écho brisé,
L'ouragan qui sommeille
Dans mes veines oxydées
Et mon regard prélude
Le jeu de la pudeur
Quand, par manque d'habitude,
On s'méfie du bonheur,
Baby boy,
Sweet baby boy,
My baby boy,
Oh ! My son of the wind
My little wunderkind,
Oh ! Mon septembre rose
D'amour apothéose,
Baby boy.
Passées les cruautés
Du transfert organique,
Tu retournes apaisé
Vers ta faune onirique
Où les miroirs d'automne
Reflètent à fleur de flamme
Ta jeune écorce d'homme
Éclaboussée de femme,
Baby boy,
Sweet baby boy,
My baby boy...
jeudi 22 novembre 2007
pulque mezcal
Tombé d'un DC10 fantôme
Sur un aéroport désert,
J'ai confié mon âme à un gnome
Qui jonglait sous un revolver
Puis j'ai pris la première tangente
Qui conduit vers les cantinas
Où la musique se fait bandante
Pour la pieta dolorosa
Pulque, mescal y tequila,
Cuba libre y cerveza,
Ce soir je serai borracho
Hombre ! que viva Mejico
Borracho ! Como no ?
Dans le bus pour Cuernavaca,
J'révise ma tendresse des volcans
Hotel-Casino d'la Selva
Le soleil se perd au ponant
Et je picole en compagnie
D'un spectre imbibé de strychnine.
Welcome señor Malcom Lowry
Sous la lune caustique et sanguine
Jouer des morts à Oaxaca
Près de la tombe No 7
Je promène ma cavalera
En procession jusqu'aux toilettes
Et dans la douceur des latrines,
Loin des clameurs de la calle,
Je respire l'odeur alcaline
Des relents d'amour périmé.
"No se puede vivir sin amor", hombre.
"No se puede vivir sin amor"
Chinga de su madre
Otro cuba libre
Borracho ! Como no ?
De retour a Tenochtitlan,
Au parc de Chapultepec,
Les singes me balancent des bananes
Sur des slogans de fièvre aztèque
Et dans ma tristesse animale
D'indien qu'on saoule et qu'on oublie,
J'm'écroule devant le terminal
Des bus à Mexico-city.
Pulque, mescal y tequila,
Cuba libre y cerveza,
Ce soir je suis "el borracho",
Un perdido de Mejico.
mercredi 21 novembre 2007
zone chaude mome
Ta zone est chaude, môme.
Ta zone est chaude, môme.
Ta zone est chaude, chaude, chaude.
Ta zone est chaude, môme.
Je n'sais pas si tu viens d'un continent perdu
Ou bien si t'es tombée d'une comète inconnue
Mais j' crois qu'il était temps que tu me prennes en main.
J'ai cru mourir de froid chez mes contemporains.
Ta zone est chaude, môme.
Ta zone est chaude, môme.
Ta zone est chaude, chaude, chaude.
Ta zone est chaude, môme
Et c'est comme un soupir après 100 triples croches
Quand l'pianiste s'endort devant son double scotch
Dans ces bastringues d'automne où ça brame à minuit
Les vieux cerfs encornés dans les bras des ladies
Chaudes chaudes chaudes !
J'en oublie la moiteur de ces ports tropicaux
Où ça sentait la gnôle et chauds les ventres chauds
À chercher le Pérou sur ma radio-inca
J'ai trouvé la fréquence que tu n'attendais pas
Oh chaude !
Je n'sais si tu viens d'une ville ultramarine
Ou bien si tu descends d'une planète androgyne
Météorite in love, tu vois, je vole aussi
En reniflant d'un œil tes bas sur le tapis.
Ta zone est chaude, môme.
Ta zone est chaude, môme.
Ta zone est chaude, chaude, chaude.
Ta zone est chaude, môme.
J'vais p'têt' encore attendre avant d'mourir d'amour.
J'entends des cons qui causent d'un éternel retour
Et j'ai pas très envie d'repartir à zéro.
J'ai pas tout bien compris comme c'est bon quand c'est chaud.
Ta zone est chaude, môme.
Ta zone est chaude, môme.
Ta zone est chaude, chaude, chaude.
Ta zone est chaude, môme.
mardi 20 novembre 2007
swet amanit phaloide
Pilote aux yeux de gélatine
Dans ce vieux satellite-usine,
Manufacture de recyclage
Des mélancolies hors d'usage,
Ô sweet amanite phalloïde queen.
Je suis le captain "M'acchab"
Aux ordures d'une beauté-nabab
Prima belladona made in
Moloch-city destroy-machine,
Ô sweet amanite phalloïde queen.
Amour-amok et paradise
Quand elle fumivore ses "king-size"
Dans son antichambre d'azur
Avant la séance de torture,
Ô sweet amanite phalloïde queen.
Je suis le rebelle éclaté
Au service de Sa Majesté,
La reine aux désirs écarlates
Des galaxies d'amour-pirate,
Ô sweet amanite phalloïde queen.
lundi 19 novembre 2007
stalagt tilt de thieffaine
Milliards d'étoiles
Mettant leurs voiles
Carbonisées,
Soleils factices,
Fin d'orifice
Climatisé,
Reviens,
Reviens petite.
Les stalactites
Veulent m'emmurer.
Reviens,
Déconne pas.
Sans toi, mon cas
Est périmé,
Périmé.
Les p'tites frangines
Des magazines
Me laissent leurs clés
Et je m'ébranle
Dans le chambranle
Des pages tournées,
Tournées.
Reviens,
Reviens petite,
Dans ma guérite,
Érotiser.
Reviens.
Déconne pas.
Sans toi, mon cas
Est périmé.
dimanche 18 novembre 2007
maison borniol
Hé y a quelqu'un ?
Oh y a quelqu'un ?
C'est moi, Borniol
Et je viens livrer le cercueil.
Si vous m'payez un coup d'alcool,
Ben moi, j'vous fait les clous à l'œil.
Ouais c'est moi, Borniol,
Service rapide et je contente
Même la veuve du guignol,
Vu que je fais le service après-vente.
Les temps sont durs.
C'est pas mariole.
Vivement que revienne le choléra.
Je pourrai changer de chignole
Et me payer le cinéma
Et si le choléra marche bien,
Je pourrai faire des folies.
J'agrandirai mon magasin
Et je prendrai des apprentis.
Je serai la maison Borniol,
Le supermarché de la mort;
Cercueils à fleurs pour les pauvres mômes
Et à roulettes pour les vieillards.
Je serai la maison Borniol Borniol Borniol,
Maison Borniol,
Maison Borniol,
Bières, cercueils, catafalques,
Maison Borniol,
Maison Borniol,
Demandez notre catalogue automne, hiver,
Maison Borniol,
Maison Borniol,
15% d'réduction sur suicides collectifs,
Maison Borniol,
Maison Borniol.